#5

Ce désespoir fondamental, de la vie comme de l’écriture, interdit d’envisager la poésie comme un jouet culturel. Notation  lucide et tension douloureuse, dont la révolte à l’égard de la condition humaine est le détonateur : Dantinne « ne fait pas de la poésie ». C’est pourquoi son livre est traversé d’interrogations convulsives et c’est pourquoi le voyage entrepris et narré n’est pas de divertissement (qu’il soit touristique ou poétique, et de toutes façons anecdotique) mais à usage interne.

 

Éric Brogniet (critique de Je n’ai jamais été à Iquitos, dans Marginales)

#4

Je n’ai jamais été à Iquitos : cela vous dérangerait-il que je voie ce recueil comme un journal-jeans, jeans et jazz d’un poète dérivant à la recherche d’une identité et qui n’accomplit pas le voyage, même si le voyage est le moteur de cette dérive.

 

André Schmitz (à propos de Je n’ai pas été à Iquitos)

#3

Vous écrivez de toute évidence en héritier de Valéry Larbaud et de Blaise Cendrars, de Kerouac et de Kenneth White. Vos textes sont pleins de vent, d’air aspiré et de nostalgie.

 

Christian Hubin (à propos de Je n’ai pas été à Iquitos)

#2

Il y a dans vos poèmes comme écartelés – et cela aussi atteint très loin en moi – comme une pudique nostalgie (eh oui, malgré l’apparence à laquelle certains, toujours les mêmes, ne manqueront pas de se tromper) et un appel. Je songe au titre de Bianciotti soudain « L’amour n’est pas aimé ». Pardonnez la maladresse de mon expression : mais c’est bien aussi ce cri et cet appel, dans votre poésie, qui m’atteignent. Il me semble que c’est la vérité même de votre être, ici, partout, qui se dit et se déchire, se met à nu.

 

Jacques Borel (à propos de Je n’ai pas été à Iquitos)

#1

Ce qui nous est dit, c’est l’ailleurs, et que cet ailleurs ne délivre pas de soi-même. Que rien, en somme, ne délivre de rien. Tout, en ce monde, est sécheresse, la sécheresse amère de la soif dans les convois empoussiérés des Andes, celle du petit matin sous la verrière des gares désertes de l’Est, celle encore de’ midi le long des pistes où le bagage pèse aussi lourd que le destin, celle enfin des tendresses fuyantes de la nuit, et du désir jamais assouvi.

Un poète désespéré de plus, direz-vous. Eh bien non. Sous la croûte rude et crissante du texte se cache une mélodie profonde et ténue qui  console, un appel timide et pur, la pulsation d’un amour, une parole au delà de toute parole. Le poète habite là, sous les ombres, dans le plus grand secret.

Jean-Claude Pirotte (avant-propos de Je n’ai jamais été à Iquitos)