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Ce qui nous est dit, c’est l’ailleurs, et que cet ailleurs ne délivre pas de soi-même. Que rien, en somme, ne délivre de rien. Tout, en ce monde, est sécheresse, la sécheresse amère de la soif dans les convois empoussiérés des Andes, celle du petit matin sous la verrière des gares désertes de l’Est, celle encore de’ midi le long des pistes où le bagage pèse aussi lourd que le destin, celle enfin des tendresses fuyantes de la nuit, et du désir jamais assouvi.

Un poète désespéré de plus, direz-vous. Eh bien non. Sous la croûte rude et crissante du texte se cache une mélodie profonde et ténue qui  console, un appel timide et pur, la pulsation d’un amour, une parole au delà de toute parole. Le poète habite là, sous les ombres, dans le plus grand secret.

Jean-Claude Pirotte (avant-propos de Je n’ai jamais été à Iquitos)

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